Les exploitants forestiers dénoncent les barrières à l’exportation

Les nouvelles normes phytosanitaires pourraient coûter 10.000 emplois.

La colère des exploitants forestiers, réunis au sein du Syndicat de la filière bois (SFB), n’est pas retombée. Jeudi, son porte-parole, Laurent Maréchal, ne voyait que « mépris » et « provocation » dans la réponse qui venait de leur être apportée au Sénat par Jean-Marie Le Guen. Le ministre des Relations avec le Parlement, chargé de s’exprimer au nom de son homologue de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a demandé à ces professionnels « d’adapter leur comportement » face à l’imminence d’une nouvelle réglementation, qui, selon leur organisation, pourrait coûter 10.000 emplois à la filière bois.

A compter du 1er avril, suivant les instructions de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) la pulvérisation au Forester des grumes stockées dans les allées forestières sera proscrite. En lieu et place, les bûcherons devront procéder à la fumigation de tous ces bois et à leur écorçage pour disposer du droit de les exporter.

Cette alternative est rejetée par le SFB, qui revendique 300 des 1.000 sociétés d’exploitation forestières dont les activités sont tournées vers l’exportation. « Le produit utilisé pour la fumigation, le ProFume a été jugé dangereux par l’Agence nationale de sécurité sanitaire », affirme Laurent Maréchaux. Quant à la technique de l’écorçage, elle fragiliserait les grumes de hêtre et de frêne, les bois les plus prisés à l’international. Et ce, à un point tel qu’après soixante jours de voyage en conteneur, cette matière première ne serait plus transformable. Elle n’intéresserait dès lors plus les fabricants chinois de parquets, qui représentent une grosse part des exportations de bois français.

Un marché qui a flambé

Cette querelle de normes phytosanitaires cache une autre bataille, celle du rééquilibrage de la balance commerciale de la filière bois, une des plus déficitaires de l’Hexagone. Une situation due aux importantes importations de produits transformés et au fait que les entreprises françaises de sciage aient de plus en plus de mal à accéder aux bois bruts français, dont le cours a flambé. Le durcissement des règles phytosanitaires, annoncé en 2014 par Stéphane Le Foll, vise à redresser la barre et à refroidir le marché. Leur entrée en vigueur, décidée à l’automne, avait été repoussée au 1er avril pour laisser aux exportateurs le temps de s’adapter. Une évolution coûteuse que les entreprises concernées, souvent de petite taille, n’auraient pas les moyens de suivre, assure Laurent Maréchaux.

En savoir plus sur : www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/021774230633-filiere-bois-les-exploitants-forestiers-denoncent-les-barrieres-a-lexportation-1208012.php?52sUJ5PzZqPTbOTQ.99#xtor=CS1-6

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